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CANCER DU SEIN : QUI A DECIDE QUE NOUS ETIONS MOINS FEMMES ?

il y a 6 jours
5 min de lecture

Une poitrine transformée, des cheveux qui tombent, des cicatrices, un corps qui change… Et si le cancer du sein bouleversait aussi notre façon de nous regarder en tant que femmes ?

Il y a des photographies qui racontent bien plus qu'une image. Celle que je partage aujourd'hui montre une femme qui assume sa féminité, sa sensualité, son corps et son regard. Cette femme, c'est moi quelques mois après l’achèvement des traitements.

Pourquoi est-ce que je vous raconte cela ?

Parce que je voudrais poser une question qui me semble essentielle : depuis quand notre féminité dépend-elle de notre poitrine ?


Portrait en noir et blanc de Sylvie Palin-Luc, les cheveux bruns ondulés, la tête légèrement inclinée et le regard tourné vers l'objectif. Elle porte une veste entrouverte. Sur la photographie figure la question : « Qui a décidé que nous étions moins femmes ? » En bas de l'image apparaissent son logo et le crédit de la photographe Isabelle Ferrand.

Photo : Isabelle Ferrand


Quand le cancer du sein bouleverse l'image de soi


Lorsqu'on parle du cancer du sein, on évoque naturellement les traitements, les effets secondaires, la fatigue, les douleurs, les rendez-vous médicaux.


Mais on parle parfois moins de ce qui se joue dans l'intimité. Le rapport au miroir. Le regard du partenaire, de la famille, des enfants, des amis. La peur de ne plus plaire. La difficulté à se sentir séduisante. Le sentiment, parfois, de ne plus reconnaître son propre corps.


Une mastectomie, une chirurgie conservatrice, une reconstruction mammaire, des modifications de la peau, une perte de cheveux ou des changements de silhouette peuvent bouleverser profondément l'image que l'on a de soi.


Et ces transformations ne sont pas uniquement physiques. Elles peuvent parfois faire naître une question douloureuse : suis-je encore pleinement femme ? 


Être une femme ne se résume pas à avoir deux seins


Notre société associe encore largement la féminité à certains attributs physiques : une poitrine généreuse, une chevelure opulente, une silhouette parfaite, une peau lisse et douce, un corps conforme à des critères de beauté.


Mais qui a établi ces règles ?


Une femme qui perd un sein est-elle moins femme ? Une femme qui choisit de ne pas faire de reconstruction mammaire est-elle moins féminine ? Une femme qui perd ses cheveux cesse-t-elle d'être séduisante ?


Bien évidemment que non.


Pourtant, il ne suffit pas de le savoir intellectuellement pour le ressentir profondément.

C'est là toute la différence entre ce que nous savons de nous-mêmes et ce que nous ressentons lorsque nous nous regardons. Et c'est parfois là que commence un nouveau chemin.


La féminité ne disparaît pas. Mais le sentiment de féminité peut être ébranlé.


Je voudrais insister sur cette nuance.


Dire à une femme qu'elle reste féminine après un cancer du sein ne signifie pas qu'elle se sent nécessairement féminine.


Certaines continuent à entretenir une relation apaisée avec leur corps.


D'autres ont besoin de temps pour retrouver une complicité avec ce corps qu'elles ont parfois le sentiment de ne plus reconnaître, voire d'avoir été trahies par lui. 


D'autres encore éprouvent une véritable souffrance face à leur nouvelle image. On peut les comprendre.


Toutes ces expériences sont légitimes.


Il ne s'agit pas pour moi d'imposer une nouvelle injonction : celle de devoir s'aimer, se trouver belle, accepter ses cicatrices ou afficher une confiance à toute épreuve.


Une femme n'a pas besoin de se trouver belle tous les jours pour être pleinement une femme.


Elle a simplement le droit de retrouver une relation à son corps qui lui corresponde.

Pour certaines, ce chemin sera rapide. Pour d'autres, il demandera davantage de temps. Et chaque parcours mérite le même respect. 

 

Et si nous changions les mots, pour changer le regard ?

Dans ma pratique de l'hypnose et de la programmation neurolinguistique, je m'intéresse particulièrement à la manière dont nos représentations internes influencent notre vécu.


Prenons deux formulations :

« Je ne suis plus la femme que j'étais. »

Et :

« Mon corps a changé. Je découvre aujourd'hui une autre manière d'être moi. »


Ces deux phrases ne racontent pas exactement la même histoire.


La première peut traduire une perte, une rupture, parfois une souffrance réelle voire une peur profonde.


La seconde ouvre la possibilité d'un mouvement, sans effacer ce qui a été vécu.


Il ne s'agit évidemment pas de remplacer une phrase douloureuse par une pensée positive artificielle.


Il s'agit de se demander : le regard que je porte aujourd'hui sur mon corps est-il le seul regard possible ?


Parfois, changer de perspective permet d'ouvrir un espace nouveau jusqu’alors inconnu. Un espace dans lequel le corps n'est plus uniquement celui qui a été médicalisé, examiné, opéré ou transformé. Il redevient aussi un corps que l'on peut habiter, ressentir, redécouvrir et, peut-être, aimer autrement.


Quelle place pour l'hypnose et la PNL dans cette réappropriation du corps ?


L'accompagnement que je propose peut trouver sa place dans ce cheminement, en complément du suivi médical et, lorsque nécessaire, psychologique ou sexologique.


Il peut notamment permettre de travailler sur les représentations de soi, les émotions associées aux transformations corporelles et certaines appréhensions.


L'objectif n'est pas d'effacer les cicatrices, ni de faire disparaître artificiellement les difficultés.


C'est accompagner chaque femme à retrouver progressivement ses repères, à mobiliser ses ressources et à explorer une autre façon de percevoir son corps. Non pas pour nier les transformations liées à la maladie, mais pour apprendre, à son rythme, à vivre avec davantage d'apaisement.


Les bénéfices sont variables d'une personne à l'autre et ne sont jamais garantis.

Car au fond, se réapproprier son corps ne signifie pas forcément retrouver celui d'avant.


Cela peut aussi vouloir dire apprendre à vivre avec celui d'aujourd'hui.


Cette photographie est aussi une prise de position.


En acceptant de poser devant l’objectif d’Isabelle Ferrand, photographe spécialisée dans la photographie boudoir, que j’admire pour la qualité de son travail, j'ai souhaité montrer autre chose qu'un parcours médical.


Une femme. Avec son histoire, son corps, son regard, sa sensibilité. Une femme qui a toujours refusé d’être réduite à une maladie. Une femme qui ne se résume ni à son diagnostic, ni à ses traitements, ni à ses cicatrices.


Cette photographie n'a pas vocation à dire que toutes les femmes devraient oser se montrer, poser, séduire ou dévoiler leur corps. Chacune est libre de vivre sa féminité comme elle l'entend.


Cette photographie rappelle simplement qu'après un cancer du sein, il reste toute une femme à voir. Et parfois, une femme qui se découvre autrement, avec de nouvelles facettes, une autre sensibilité, une autre lumière.


Et si nous cessions de définir les femmes par ce qui leur manque ?


Peut-être est-il temps de changer notre façon de parler du cancer du sein.

De parler davantage de l'image de soi, de l'intimité, de la sensualité et du droit de se sentir désirable. Sans gêne, sans jugement et sans tabou. 


De reconnaître que certaines femmes souffrent profondément des transformations de leur corps, sans pour autant faire de ces transformations une perte automatique de féminité.


Et surtout, de laisser à chacune la liberté de définir ce qu'être femme signifie pour elle.


Le cancer du sein peut transformer notre corps. Il ne décide pas de notre féminité.


Et si nous commencions par changer notre regard sur la féminité ?


Prenez soin de vous.

Incarnez Votre Force d’Agir dès aujourd’hui.



Sylvie Palin-Luc

Hypnothérapeute

spécialisée en oncologie et régulation du stress

0677124206

Consultations à Bordeaux ainsi qu'en visio partout en francophonie


IMPORTANT : Les thérapies complémentaires ne se substituent pas à une démarche thérapeutique traditionnelle, elles ne visent pas à faire un diagnostic ou à prévenir une pathologie. Elles sont compatibles avec tout traitement médical en cours ou à venir. En cas de doute, demandez l’avis de votre médecin.

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