ON NE "VAINC" PAS LE CANCER : pourquoi les mots que nous utilisons comptent
Dernière mise à jour : 5 oct.
# Vaincre le cancer : Une traversée, pas un combat
## Le langage autour du cancer
« Vaincre le cancer », « se battre contre le cancer », « gagner son combat »… Ces expressions sont omniprésentes. Elles résonnent dans les médias, dans notre entourage, et parfois même dans le parcours de soins. Pourtant, la manière dont nous parlons du cancer n’est pas anodine. Les mots influencent nos émotions et notre perception de la maladie. Dans mon accompagnement des personnes touchées par le cancer, je constate combien le langage peut soutenir, mais aussi ajouter une pression inutile. Et si, plutôt que de parler de combat et de victoire, nous apprenions à parler de traversée, de ressources et de capacité d’agir ?

Ce matin encore, je suis tombée sur cette formule : « Après avoir vaincu le cancer… » À chaque fois, elle me fait réagir. Un cancer n’est pas un ennemi que l’on terrasse au terme d’un combat. Il y a des traitements, des rendez-vous, des décisions. Il y a de la peur, de la fatigue, parfois de l’espoir. Et il y a un corps qui traverse beaucoup. Certaines personnes guérissent, d’autres vivent avec la maladie, d’autres connaissent une récidive, et d’autres meurent.
Alors, parler de « victoire » pose une vraie question : Si l’on ne guérit pas, aurait-on perdu ? Évidemment non. C’est précisément pour cela que ces métaphores guerrières me mettent mal à l’aise. Je leur préfère l’idée de traversée. Traverser la maladie, les traitements, les bouleversements, et chercher, pas à pas, une manière d’avancer qui nous ressemble.
Les mots ne sont pas anodins
En PNL, nous portons une attention particulière à la manière dont les mots façonnent nos représentations. Un mot peut faire surgir une image, une émotion, une tension ou un apaisement. C’est déjà une expérience du vivant. Quand on parle de combat, de bataille, de victoire ou de défaite, on installe tout un univers mental. Même lorsque l’intention se veut positive, ces mots peuvent véhiculer l’idée qu’il faudrait lutter, tenir bon, résister, rester fort en permanence.
Avec, en arrière-plan, une question implicite particulièrement lourde : si la maladie évolue, est-ce que j’aurais échoué ? Non. Une personne malade n’a pas à réussir sa maladie. Elle n’a pas à être une guerrière. Elle n’a pas à sourire tout le temps. Elle n’a pas à « rester positive » pour rassurer son entourage. Elle traverse ce qu’elle traverse, et cela suffit déjà.
Le vivant ne se résume pas au mental
Il y a une autre dimension qui m’intéresse particulièrement. Le vivant est aussi électrique. Nos cellules fonctionnent grâce à des phénomènes bioélectriques. Des équipes de recherche explorent depuis longtemps les dimensions électriques et électromagnétiques du vivant. Tout n’est pas expliqué, tout n’est pas compris, et les frontières de nos connaissances continuent d’évoluer.
C’est précisément cet espace qui m’intéresse. Dans ma vision intégrative et énergétique, un mot est plus qu’une définition. Il est aussi un son, un rythme, une intention, une résonance dans un organisme vivant. Est-ce que les mots s’arrêtent vraiment à notre intellect ? Je ne le pense pas. J’y vois une résonance beaucoup plus globale : neurologique, émotionnelle, corporelle, symbolique et, oui, aussi énergétique.
Je ne prétends pas que tout soit aujourd’hui expliqué par les modèles scientifiques actuels. Mais je crois profondément qu’il est utile de rester curieux de ce que nous ne comprenons pas encore totalement. L’histoire des sciences nous a suffisamment montré que nos connaissances évoluent.
Choisir les mots qui soutiennent
Face au cancer, chaque mot peut peser lourd. Il peut soutenir, apaiser, ou ouvrir un espace. Mais il peut aussi, parfois, ajouter une pression supplémentaire. C’est pour cela que dans mes accompagnements, je choisis avec beaucoup d’attention les mots que j’utilise. Parce qu’un mot peut enfermer, et qu’un autre peut parfois ouvrir un chemin.
Je préfère donc parler de traversée, de transformation, de réajustement, de ressources et de capacité d’agir. Pas pour édulcorer la réalité, mais pour permettre à la personne de rester actrice de son chemin sans lui imposer le scénario d’une bataille. Pour moi, accompagner une personne, c’est prendre en compte toutes les dimensions de son vivant : le corps, les émotions, le système nerveux, les représentations, l’histoire, le sens, le symbolique, et la dimension énergétique.
Et si le mot « combat » aide ?
Alors, il a toute sa place. Je ne veux surtout pas remplacer une injonction par une autre. Si une personne se sent soutenue par le vocabulaire du combat, si cela lui donne de l’élan, de la force ou du courage, alors ce mot lui appartient. L’essentiel est de pouvoir choisir son langage. Et non de subir automatiquement celui que la société, les médias ou parfois même les soignants utilisent à notre place.
Peut-être que la vraie question n’est donc pas : « Comment vais-je gagner ? » Mais plutôt : « De quoi ai-je besoin pour traverser ce que je vis ? » Cette question-là change beaucoup de choses. Elle nous ramène à la personne : à ses besoins, à ses ressources, à son rythme, à son propre chemin.
Changer les mots, c’est peut-être déjà changer notre manière d’habiter la maladie.
Prendre soin de soi
Il est essentiel de se rappeler que prendre soin de soi est une priorité. Cela inclut écouter son corps, respecter ses émotions et se donner la permission de ressentir. Chaque jour, je m’efforce de trouver des moments de calme et de douceur. Que ce soit par la méditation, la lecture, ou simplement en prenant un moment pour respirer profondément, ces petites actions font une grande différence.
Je vous encourage à explorer ce qui vous fait du bien. Que ce soit une promenade dans la nature, un moment de créativité, ou un échange avec un proche, ces instants de connexion sont précieux. Ils nourrissent notre âme et renforcent notre résilience.
Prenez soin de vous.
Incarnez Votre Force d’Agir dès aujourd’hui.
Sylvie Palin-Luc
Hypnothérapeute
spécialisée en oncologie et régulation du stress
0677124206
Consultations à Bordeaux ainsi qu'en visio partout en francophonie
IMPORTANT : Les thérapies complémentaires ne se substituent pas à une démarche thérapeutique traditionnelle, elles ne visent pas à faire un diagnostic ou à prévenir une pathologie. Elles sont compatibles avec tout traitement médical en cours ou à venir. En cas de doute, demandez l’avis de votre médecin.































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